samedi 28 février 2015

Pour survivre à Rambo, il faut devenir Ramba


Ramba par Rossano Rossi, d'après une photo de Ileana Carisio 
pour la revue Gin Fizz.


Peut-être connaissez-vous déjà RAMBA, l'héroïne de l'excellente BD italienne du même nom ? 
Tueuse à gage sans pitié au pur look eigthies, Ramba est aussi efficace une arme entre les mains qu'une moto entre les jambes.
Même si ça n'est pas clairement dit, c'est une féministe hardcore - un peu à la façon de la fabuleuse Horny Biker Slut de John Howard : gare au goujat qui se permettrait de lui mettre la main aux fesses ou de la siffler dans la rue, il pourrait tout simplement se retrouver la bite enfoncée dans la bouche. Car en toute situation, c'est Ramba la solitaire qui mène la danse. Elle fait ce qu'elle veut de sa vie et de son corps, et les mecs, des godemichés parlants (souvent trop d'ailleurs), c'est elle qui les baise. 
Seul son chat Lucifer trouve grâce à ses yeux, fait chavirer son cœur et elle n'hésite pas, après une rude journée pleine de cadavres, à se relaxer en prenant du "bon temps" avec lui. 


Couverture du tome 1 italien sorti chez BLUE PRESS. On notera la pose de l'héroïne, piquée à celle d'Amber Lynn sur l'affiche de MIAMI SPICE II





Ramba par Nik Guerra

Mais à l'origine, RAMBA n'est pas une héroïne de fumetti : elle est l'adaptation BD d'un "personnage" du cinéma porno italien !
Ramba, c'est d'abord le pseudo de l'actrice X Ileana Carisio alias " Malu' ", surnommée ainsi par un journaliste à cause de son look destroy, agressif et le fait qu'elle apparaisse souvent armée sur diverses couvertures de magazines. Le concept a du succés et Ileana joue le jeu, enchaînant les séances photo déguisée en Rambo, coachée par ses boss du label porno Diva Futura, Riccardo Schicchi et Ilona Staller - que l'on connait mieux sous son autre nom : La Cicciolina. Et puisqu'on est jamais mieux servi que par soi-même, Riccardo Schicchi confrontera même la douceur de la Cicciolina et la badassitude de Ramba dans une séance photo réalisée en 84 pour le magazine Aldo Blitz, scanné plus bas (après les scans du magazine Gin Fizz de 1985).
Nounours VS Machine-Gun, tout un programme.

Affiches de pub, vers 1990 (j'ai un doute sur la date, mais c'est wiki qui le dit )

En 89, Ileana arrête le porno et repose fatalement sur leurs râteliers mitraillettes et cartouchières.
Le personnage de RAMBA est repris par la française Florence Farkas, sans grand succès. On verra Florence Farkas, La Nuova Ramba, dans Il Vizio di Baby e L'ingordigia di Ramba avec une autre star du X découverte par Diva Futura, la pulpeuse et impressionnante Moana Pozzi.

Moana Pozzi avec la Nouvelle Ramba Florence (gauche) et LA Ramba, Malu' (droite)






Encore une autre RAMBA, dans un jingle pour la chaîne Diva Futura 


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A Milan, sur la Piazza del Duomo, Ileana est embarquée en pleine performance nudiste de Ramba !


C'est chez l'éditeur DYNAMITE que vous trouverez la super réédition des géniales aventures sexplosives de RAMBA, pour le chouette prix de 15,50€. Le dessin précis de Rossano Rossi est un régal et les dialogues hilarants de Delizia sont dignes d'Audiard.




















vendredi 20 février 2015

Julia Verlanger / Gilles Thomas : La Trilogie de l'Autoroute




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Chroniques Post-Apiennes #3 - 
La Trilogie de l'Autoroute
de Julia Verlanger (aka Gilles Thomas)
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"Les groupes, je n'aime pas. Ils se divisent en trois : les moutons, qui travaillent dur et mangent peu. Les loups, qui travaillent peu et mangent beaucoup. Et par dessus le chef, qui avait déjà, avant d'être chef, l'âme d'un dictateur de petit-pieds."

Bim bam boum ! Allez hop, simple, pas d'gras, fibré limite ascète, droit au but. Le navire spatial fonctionne, disait-elle, et peu importe son mode de propulsion.  
La trilogie de l'Autoroute d'Eliane Taïeb - alias Julia Verlanger, alias Gilles Thomas - si on s'amuse au jeu des comparaisons, ce serait comme si Kitano avait adapté le Malevil de Robert Merle, sur un scénario de Carpenter approuvé par Patrick McGoohan. 
Plus virile qu'un bonhomme, plus âpre qu'un cubi de Villageoise, Julia Verlanger pose les bases de sa trilogie dès les premiers paragraphes du premier volume : pour elle, l'autorité c'est la mort, la religion c'est la merde, et dans ce monde, la violence du plus hargneux chefaillon est aussi dangereuse que la bonté du plus borné altruiste !
Seuls comptent l'adaptation, le recul, l'individualisme, la froide prise en compte de cet environnement devenu on ne sait comment - et on s'en fout - sacrément hostile. Mettre les pendules à l'heure, fini les questions, et pas de "message". La très américaine Verlanger détestait ça. L'homme est ce qu'il fait, pas ce qu'il dit. Il se définit dans l'action, et c'est par celle-ci qu'il construit son avenir. Et rien n'est plus vrai dans un monde dévasté.

Gilbert, le personnage de l'Autoroute Sauvage, n'est pas vraiment clean, un vrai Snake Plissken du Périgord, violeur et carnivore à l'occasion . 
"La viande humaine, je ne suis ni pour ni contre. Entendez par là qu'une fois qu'un type a été saigné dans la bagarre, ça ne me dérange nullement de le considérer d'un point de vue alimentaire"
Relax, c'est son monde qui veut ça. Et à nouveau monde, nouveau mode de vie. Rien de plus logique.
Une France post-apocalyptique, la merde totale. 

Les joueurs de DayZ ne seront pas dépaysés. Point A - Point B, beaucoup de merdes entre les deux et peu de ressources. On marche, on erre, on survie, dans une randonnée interminable, parsemée d'explosions de violence façon Big Takeshi. Rien, rien, encore rien, puis - comme dans la vie en fait - tout part soudain en couille, et en demie-page, BAM, du sang partout. Sur les fringues, sur les armes, sur les visages et dans les bouches. On respire fort, les yeux ecarquillés, le coeur se calme. C'est fini. 
Quelques charpies au sol, des steaks hachés d'ados. Dommage, bien jeunes, c'est le monde qui veut ça. Ils en voulaient à notre gourde (vide, mais ça ils savaient pas). 
Un p'tit coup de propre, on les fouille (le "loot" si chers aux gamers), et on reprend la marche. 

Gilbert a un acolyte, Thomas. Un chinois taiseux aux pieds légers, qui manie les couteaux comme pas deux. Un vrai ninja dans la cambrousse française. Précieux. Alors ils avancent, ensemble, égaux. 
Et comme dans tout voyage, les emmerdes arrivent quand on est plus de deux.

Par chance - ou pas - leur chemin de croix est parfois moins monotone : course contre la montre (et contre la mort) dans les rues et sur les toits nocturnes de Paris, poursuivi par une gelée dégueulasse, qui s'empare des cadavres pour les faire se lever. Accueillis par des babas à côté de leurs pompes, ou prisonniers d'une belle bande de charognards organisés. Et pas question de repartir de leur putain de camp sans les avoir tous éventrés. Méthodiquement, un par un. Alors qu'on aurait pu s'échapper sans bruits. C'est la vie.
Alors ils font chemin comme bon leur semble, menés simplement par ce qu'ils jugent valable. Un remède par exemple. Ou la protection d'une gamine particulièrement futée. Ou encore l'île de Porquerolles, qui - d'après des infos - serait sécurisée. Mouais.
On s'la tente ? Allez !


Gilles Thomas - La Trilogie de l'Autoroute (L'autoroute Sauvage ; La Mort en Billes ; L'île Brûlée)
Edition Fleuve Noir Anticipation





 Et pour pleins d'infos précieuses sur Julia Verlanger, vous pouvez lire le WEIRD d'Octobre Novembre 1986 qui lui est dédié !